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La pénibilité du métier d'infirmier.

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La pénibilté du métier d'infirmiers à l'hôpital et les reconversions vers le PSAD ou l'industrie du monde de la santé.

 

Le rôle des infirmiers hospitaliers est au cœur du système de soins : accompagnement des patients, surveillance médicale, coordination des urgences… Pourtant, derrière cette vocation se cache une réalité souvent difficilement soutenable sur le long terme. Entre pénibilité physique, charge émotionnelle et contraintes organisationnelles, de nombreux professionnels repensent aujourd’hui leur trajectoire certains optant pour des postes dans la prestation de santé à domicile (PSAD) ou dans des fonctions non-cliniques au sein de l’industrie de la santé (industrie pharmaceutique, ou sociétés de dispositifs médicaux).


1. Une profession marquée par une pénibilité importante

Pénibilité physique, émotionnelle et cognitive

Les données récentes montrent que les professionnelles de santé dont les infirmiers sont significativement plus exposées à des mouvements fatigants ou douloureux que l’ensemble des salariés : 64 % déclarent des gestes pénibles, contre 44 % dans les autres secteurs.

Les infirmiers doivent aussi gérer des charges émotionnelles élevées : assister des patients en souffrance, faire face à des situations de crise ce qui contribue à un épuisement émotionnel sévère chez une grande partie d’entre eux.

Stress, surcharge et burn-out

Plusieurs études montrent que le burn-out est courant chez les infirmiers hospitaliers :

  • Près de 30 % des infirmiers vivent un épuisement professionnel au cours de leur carrière, et environ 40 % signalent un niveau élevé d’épuisement émotionnel.
  • Une grande majorité cite le manque de personnel, les lourdes charges administratives et le stress constant comme facteurs majeurs de burn-out. Par exemple, un autre rapport indique que 79 % des infirmiers évoquent les tâches administratives comme un déclencheur de burn-out et 69 % pointent le manque de personnel.

Ces facteurs combinés poussent de nombreux soignants à envisager une sortie du milieu hospitalier ou à repenser leur carrière.


2. Une insatisfaction croissante qui favorise les reconversions

Un fort désir de quitter le poste hospitalier

Les chiffres mondiaux et internationaux révèlent une intention de départ préoccupante :

  • Une enquête américaine mentionne que 96 % des infirmiers ont sérieusement envisagé de quitter leur poste, souvent à cause du burn-out et du manque de soutien.
  • D’autres données montrent que le bien-être des infirmiers hospitaliers est en baisse : entre 2021 et 2023, les niveaux de stress très élevés sont passés de 65 % à plus de 80 % des infirmiers, tandis que 55 % d’entre eux envisagent fréquemment de quitter leur emploi actuel.

Ce constat n’est pas seulement une statistique : dans les services d’urgences, des soignants décrivent des conditions de travail comparables à des « zones de guerre », avec surcharge, absence de pauses et fatigue chronique.

Insatisfaction au travail et manque d’opportunités

Un autre élément clé est l’écart de satisfaction entre les infirmiers en soins directs et ceux en fonctions non-cliniques. Par exemple, dans une étude comparant les infirmiers hospitaliers et ceux travaillant dans l’industrie pharmaceutique :

  • 34 % des infirmiers hospitaliers déclarent être épuisés par leur travail, contre 16 % dans les postes en industrie non clinique. Et uniquement 7 % des infirmiers travaillant en industrie sont insatisfaits de leur emploi, contre 24 % pour ceux à l’hôpital.

Cela montre que le contexte professionnel — gestion du temps, charge émotionnelle, reconnaissance — est un facteur déterminant dans la perception du métier.


3. Pourquoi certains infirmiers se tournent vers le PSAD ou l’industrie de la santé

 PSAD (Prestations de santé à domicile)

Pour beaucoup d’infirmiers, le travail en PSAD représente une alternative attractive :

  • Horaires plus flexibles et meilleure conciliation vie pro/vie perso
  • Moins de contraintes administratives hospitalières pesantes
  • Possibilité d’autonomie et de relation continue avec les patients

Des témoignages terrain rapportent que des infirmiers quittent l’hôpital pour exercer à domicile afin d’allier expertise clinique et meilleur équilibre personnel (par exemple, moins de nuits, d’astreintes, et une charge globale plus maîtrisable).

 Industrie pharmaceutique et fonctions non-cliniques

L’industrie pharmaceutique offre des parcours professionnels très différents :

  • Rémunérations souvent supérieures à celles de l’hôpital
  • Horaires de bureau plus stables
  • Evolution vers des métiers différentes : Infirmier Formation conseil, Expert clinique, Délégué hospitalier, médical ou pharmaceutique, consultant santé.
  • Moins d’exposition directe au stress clinique tout en valorisant l’expertise médicale

Comme l’indiquent les études, les infirmiers en industrie non clinique rapportent moins de burn-out et une satisfaction professionnelle supérieure à leurs confrères hospitaliers.


4. Conséquences pour le système de santé et pistes d’amélioration

Un enjeu de pénurie et de coûts

La perte de personnel infirmier a un coût non négligeable pour les hôpitaux : remplacements, formations, surcharge des équipes restantes, voire impact sur la qualité des soins. Des rapports internationaux montrent que la pénurie entraîne des retards de soins, des temps d’attente accrus et une pression accrue sur les salariés encore en poste.

Améliorer les conditions de travail

Pour renforcer la rétention des infirmiers à l’hôpital, plusieurs mesures sont souvent proposées :

  • Recrutement de personnel supplémentaire pour réduire les charges de travail
  • Soutien mental et programmes contre le burn-out
  • Allégement des tâches administratives
  • Flexibilité des horaires et reconnaissance accrue
 

En bref

Le métier d’infirmier à l’hôpital reste profondément marqué par la pénibilité physique, émotionnelle et organisationnelle. Cette réalité, bien documentée par des données chiffrées sur le burn-out et l’insatisfaction, conduit un grand nombre de professionnels à envisager des reconversions vers des rôles moins exposés à ces contraintes, comme la PSAD ou des fonctions dans l’industrie de la santé où l’expertise médicale est valorisée dans des environnements moins stressants.

Ce mouvement traduit non seulement une quête d’équilibre et de qualité de vie, mais aussi une réponse à des conditions de travail qui, si elles ne changent pas, risquent de fragiliser davantage un système de santé déjà sous tension.